Au cœur du Continent Père avec Mikaël DELAYEN

Une semaine, une interview !
Au fil des mots poursuit son aventure de rencontres et la promotion de la lecture et des livres malgré le confinement.

#icionlit

Rencontré il y a un peu plus d’un an et revu à la soirée de 07/11/2019, seconde remise des prix du roman de l’ADAN, il a accepté de nous recevoir virtuellement : Monsieur Mikaël DELAYEN

Non, non, ce n’est pas un inconnu. Nous vous l’avions présenté Le salon du livre et de la BD de La Couture. Homme discret et bourré de talent, nous sommes allées fouiner du côté de la Côte d’Opale..

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– Qui êtes-vous ? Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

« La présentation, c’est un exercice qui m’est un peu compliqué, je dois l’avouer. Je préfère parler de mon travail que de ma personne. Pour résumer, je m’appelle Mikaël Delayen, j’aurai 44 ans bientôt, je vis dans les Hauts-de-France, pas loin de Gravelines. J’écris depuis des décennies, trois en fait, pourtant je n’ai tenté l’expérience de l’édition que très récemment.

Pour parler un peu de mon univers, j’aime les westerns spaghetti, la science-fiction, l’Heroic Fantasy, les romans policiers style Agatha Christie, bien que ma préférence aille à John Dickson Carr, les vieux Stephen King. J’ai une toute petite partie des livres du Club des Masques dont j’aimerais agrandir la collection, vous pouvez la voir sur la photo de ma bibliothèque (photo 1). J’apprécie les histoires un peu prise de tête. J’ai adoré voir et revoir Solaris, Eyes Wide Shut, Shutter Island, Interstellar, Matrix, etc.Comme dans les livres, il me faut une part de psychologie pour que ce soit plaisant.

Je lis de moins en moins de BD, c’est dommage, et très très peu de manga, mais j’ai suivi Saint Seiya et DBZ pendant longtemps. Côté musique, un peu de tout, même de la musique classique et certains opéras ! Pour le reste de ma personnalité, les questions qui suivent vont peut-être apporter d’autres éclaircissements ! »

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– Il me semble que votre métier n’est pas l’écriture. Donc, qu’est-ce qui vous a poussé à prendre la plume ? Un événement? Un pari ? Une envie ? Un désir ?

« Non en effet, je suis informaticien depuis… trop longtemps peut-être. Et cela a une petite incidence sur mon travail d’écriture : je n’aime pas utiliser un stylo ! J’ai presque toujours écrit en pianotant sur mon clavier. Avec un premier PC à douze ans, j’ai vite rangé le BIC ! C’était en 88, tout de même !

Je ne me sers d’un stylo que pour les dédicaces, bien sûr, ou pour noter des mots qui pourraient me servir dans une histoire, des expressions que je ne connais pas et dont je cherche le sens parfois des jours plus tard. Je me fabrique un petit dico perso. Quant à savoir ce qui m’a poussé à écrire… Je ne sais pas, j’ai toujours aimé les rédactions à l’école, mais uniquement celles à sujet libre. Quand le thème m’est contraint, ça ne fonctionne pas.

A quinze ans, j’ai participé à une rencontre avec des auteurs, des journées organisées par la municipalité et l’écrivain avec qui je travaillais m’a incité à me lancer plus franchement. Je salue d’ailleurs ici Christian Poslaniec que je n’ai malheureusement pas revu depuis. J’ai participé les deux années suivantes à un concours de nouvelles policières. Mes deux premiers prix. Puis, quelques accessits par la suite avant un grand silence de près de dix années. Étrange. Vie professionnelle, vie de famille, tout est bon comme excuse parfois. Mon divorce a été l’étape nécessaire pour reprendre la plume, le clavier plutôt. Ma nouvelle compagne m’a soutenu dans la démarche et j’ai laissé mon imagination travailler à nouveau. Mais il aura encore fallu attendre plusieurs années avant que le résultat soit enfin visible !

Mes lectures m’ont aussi inspiré : « le seigneur des anneaux » bien sûr, « Ravens » de James Barclay et « La chronique des immortels » de Wolfgang Hohlbein, pour le côté fantasy. Jean-Christophe Grangé et Patrick Graham pour le côté sombre. »

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Votre premier roman est une fantasy épique. Janigo, héritier de la Cité Noire. Tome 1 le sceptre du pouvoir D’où vous est venue cette idée ? Y-a-t-il un peu de vous en Janigo? Imago ?

« Pour être honnête, ce n’est pas le premier roman. C’est le premier abouti, certes, mais pas le premier essai. Je m’amuse parfois à replonger dans des textes de mes débuts, de voir les défauts, les bêtises, le manque de maturité, mais finalement on pouvait y voir les premières traces de ce qu’allait devenir Janigo, héritier de la Cité Noire. Tome 1 le sceptre du pouvoir.

Gamin, j’ai dévoré les livres « dont vous êtes le héros », je jouais à HeroQuest sur plateau puis Warcraft sur PC, je regardais Conan le Barbare et tout ce qui parlait de guerriers, de mages, de magie, de batailles épiques ! J’y étais un peu prédestiné je pense, même si j’ai longtemps écrit du policier ou du noir. Pour donner quelques exemples de ce qui me trottait dans la tête : les jouets d’un enfant se mettent à vivre pour attaquer ceux qui l’embêtent à l’école (peut-être une sorte de fantasme malsain, allez savoir !), une femme accouche du Diable, un homme en panne sur l’autoroute se fait dévorer dans un motel tout à côté par des marmots cannibales … Des choses comme ça.

Janigo est né il y a longtemps dans mon esprit. Il a eu plusieurs vies, plusieurs autres noms, plusieurs histoires, mais la seule qui ait tenu la route, c’est celle qui se déroule dans le monde de la fantasy. Au départ, le récit se déroulait dans le monde actuel. J’étais influencé par Matrix et Janigo commençait le roman en haut d’un immeuble, dans la nuit. Il était le fils d’un grand caïd et devait reprendre le flambeau. Mais ça ne collait pas à ma personnalité. Ce qui répond en partie à la question de savoir s’il y a un peu de Janigo en moi. C’est une sorte d’alter ego. Quant à Imago, j’aimerais avoir son calme et sa force mentale. De fait, parler du monde contemporain ne me plaisait pas, c’était trop différent de ce que j’avais en tête. L’histoire s’est mise en place facilement au début : plus d’immeuble mais une falaise et ce n’est plus Janigo qui débute, mais son ennemi Alicantras. La moitié du livre est venue assez simplement, mais une moitié décousue, car j’écris des scènes qui me viennent un peu comme des flashs. Toute la difficulté du travail qui reste, c’est de trouver les chapitres, les personnages qui feront lier toutes ces parties ensemble.

Les noms des personnages, des lieux, des villes ne sont pas tous anodins. Imago, représenté par un papillon, dont le nom vient d’une nouvelle écrite un peu avant Janigo : « L’imago sombre », Salténius vient du nom de famille d’un camarade de lycée, Alicantras vient de Alicante en Espagne, et on parle d’inquisition… Il y a eu un incroyable mélange d’informations accumulées pendant toute la période où je n’ai rien écrit. C’est un long processus de maturation qui s’est opéré en silence et qui me manque un peu. Depuis la sortie du tome 2, il y a un certain vide, une impression d’être allé au bout de l’idée. Pour autant, Janigo n’en a pas fini avec le Continent Père et Alicantras ! »

Pour se procurer le tome 1 : BoD.fr

Vous êtes autoédité ? Félicitations car c’est un travail monstre ! Y a-t-il une raison particulière pour ce choix ?

« L’impatience ! J’avais envie de voir le résultat imprimé tout de suite, sans avoir à attendre pendant des mois l’avis d’un éditeur. Bien m’en a pris, mais c’est un point qui sera évoqué plus loin. Pour autant, ce n’est pas un travail si énorme, du moins pour ce que je voulais faire. Je lis des blogs de personnes qui ont tout quitté pour se lancer dans cette tâche difficile, d’autres qui ont gardé un travail, mais passent tout leur temps libre à travailler sur la communication, les réseaux sociaux, les salons, etc. C’est impressionnant combien il faut s’époumoner pour être entendu par une, deux, trois potentiels lecteurs. Ce n’est pas ce dont j’avais envie. Je souhaitais avoir le livre imprimé dans les mains, le reste c’est un petit bonus.

Le revers de la médaille, c’est de ne pas faire beaucoup de vagues. Difficile de se faire connaître sans un bon réseau, une publicité régulière, mais aussi une équipe professionnelle qui œuvre dans l’ombre pour vous mettre dans la lumière. Je ne regrette pas mon choix et il est probable que d’autres titres sortiront par le biais de l’autoédition. Pour Janigo, j’espère désormais qu’une maison d’édition le prendra sous son aile pour lui permettre de se propager davantage. »

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Pour se procurer le tome 2 : BoD.fr

– Avez-vous un rituel d’écriture ? Un café ? Un horaire ? L’alignement des planètes ?

« Je suis un couche-tard et un lève-tôt. Je n’ai pas d’horaire particulier pour écrire et je ne parviens pas, comme le font certains auteurs, à m’obliger à écrire chaque jour. Il faut que cela reste une envie, presque un besoin. Il faut que ça vienne des tripes, qu’il y ait quelque chose d’intense à raconter. Par contre, il me faut de la musique en fond sonore et uniquement de la musique. Pas de télé, juste le son. Presque tous les chapitres des deux tomes de Janigo peuvent être associés à une musique que j’ai écoutée pendant l’écriture. La BO de Saint Seiya bien sûr, magnifique et entêtante. Vous pouvez écouter « Sacrifice » et « Tessa » de Steve Jablonsky, « The Sound of Silence » de Simon and Garfunkel, « Carmina Burana » de Carl Orff, « Turandot » de Puccini, l’album tiré du concert de Yngwie Malmsteen à Leningrad en 89, « Equinoxe » et « Oxygène » de Jean-Michel Jarre. Tout cela est très anachronique, mais c’est l’ambiance qui importe. »

Quel était votre état d’esprit quand votre roman est paru ? Fierté forcément, mais y-avait-il une part de peur et appréhension, que ce soit du public ou de votre entourage ? Comment appréhendez-vous les critiques, sachant la facilité des « haters » ?

« La fierté c’est évident, une grande satisfaction d’avoir le livre papier en mains. Le sentiment d’avoir enfin réussi à terminer, à mener ce projet à son terme, même si ce n’était que le premier tome. C’est ce qui a été, je crois, le plus fort de tout. Un peu comme Tom Hanks dans « Seul au monde » quand il parvient à allumer un feu et qu’il crie, tout seul sur sa plage, quelque chose du genre « j’ai fait ça, moi ! J’ai fait du feu ! » Pour le livre, c’est un peu pareil. Il en sort des milliers chaque année, des listes sans fin d’auteurs réussissent à sortir leurs bouquins et pourtant, j’avais l’impression d’assister à un miracle. Ma première commande a été d’un seul exemplaire, le mien, celui que je me suis dédicacé _ c’est pas sujet à psychanalyse ça ? _ et qui trône dans la bibliothèque, seul, sans son petit frère du tome 2. Celui-là sera rangé quand j’aurai fini un autre livre. Parce que ce tome 2 reste sur un goût d’inachevé, une césure imposée par les avis des personnes rencontrées dans les salons. Il n’y avait pas de critiques lors de mes premiers salons. De l’indifférence, à l’évidence, mais surtout un manque d’enthousiasme des lecteurs quant à l’idée de découvrir un auteur totalement inconnu. Les mêmes questions revenaient sans cesse : « vous avez prévu combien de tomes ? », « vous êtes sûr de pouvoir aller au bout ? », « pourquoi commencer à lire une série dont on n’est pas sûr d’avoir la fin ? ». En somme, il faut un produit fini, avec toutes ses parties déjà bien claires et si possible, déjà sur la table. De fait, la fin du tome 2 est faite pour laisser le choix au lecteur de poursuivre avec un éventuel tome 3 ou d’arrêter là.

Je ne craignais pas les critiques, les lecteurs test, que je remercie au passage, ont été francs avec moi. Le bilan était positif. Ce qui me faisait peur se retrouve dans une chanson de JJ Goldman « Pas l’indifférence ». Qu’on aime ou qu’on n’aime pas un livre, c’est normal, ça se discute, on fait naître l’échange. Mais que le livre ne soit pas lu, ni même regardé, juste parce qu’il n’y a pas le nom d’un auteur connu sur la couverture, c’est plus difficile à accepter. »

– Vous avez été finaliste du prix ADAN 2019. Déjà félicitations car c’est une reconnaissance de vos pairs, mais plus concrètement, y-a-t-il des retombées, ce que nous espérons tous ?

« Pour évoquer le prix ADAN, malheureusement, il ne s’est rien passé depuis. J’avoue tout de même ne pas avoir poussé plus loin la démarche. En clair, je n’ai eu aucun contact particulier car en dehors des éditeurs spécialisés, la plupart des autres restent froids devant un roman de fantasy, d’où le succès grandissant de l’autoédition. J’ai eu tout de même de très bons retours des personnes qui ont participé à la sélection des manuscrits. C’est pour moi une satisfaction. Le livre tient la route, c’est tout ce qui m’importe. Il faut sans doute le faire participer à des concours purement Fantasy. J’ai eu aussi la chance de faire dédicacer mon exemplaire de « Luca » par Franck Thilliez lors de la soirée de remise des prix. »

– Le tome 2 des aventures de Janigo est sorti (Octobre 2019), avez-vous des projets ?

« La sortie du tome 2, c’était octobre 2019.

Comme je l’expliquais plus haut, après le tome 2, j’ai ressenti comme un vide et plusieurs mois se sont écoulés avant que l’envie d’écrire ne revienne.

Avant de penser à un tome 3 de Janigo, j’avais envie de raconter un épisode très important du règne d’Imago. Ces événements ont un impact direct sur ce qui arrive à Janigo et il me semblait important de les mettre en scène. C’est le projet pour 2021, car il me faut environ 18 mois pour écriture un tome de 420 pages environ. Avant cela, j’espère pouvoir présenter en fin d’année un recueil de trois histoires qui ne seront pas du tout dans le style fantasy. Si je devais faire un pitch, cela donnerait peut-être cela :

« L’automne, saison des feuilles mortes, des premiers frimas, de la pénombre. Le moment idéal pour cauchemarder, pour imaginer que le souffle léger qui vous hérisse les poils de la nuque n’est pas seulement dû à la bise fraîche du matin. Trois histoires, peut-être véridiques, peut-être inventées. A vous de choisir ! On dit faire des confidences sur l’oreiller, mais si l’oreiller pouvait vous raconter des choses, que dirait-il ? Vous êtes chanceux ? Vous avez un ange gardien qui veille sur vous ? Mais « ange gardien » est-il toujours le terme le mieux approprié ? Tout dépend ce que sa protection vous coûte… »

Ces deux projets à l’ordre du jour, en voici les couvertures à l’état de projet :

– Avez-vous un rêve ?

« Sur le plan littéraire, participer au Salon du livre de Paris comme auteur édité. J’y suis allé une fois très jeune et une autre fois, adulte. Dans ma vie personnelle, pouvoir voyager avec ma famille pour aller découvrir toutes les merveilles culturelles du pays, du monde pourquoi pas. Théâtre, concerts, expositions, musées, châteaux, etc. Tout ce qui peut nourrir la créativité. »

Au fil des mots a été assez sérieux jusqu’ici, racontez-nous une blague s’il vous plaît.

« Sujet délicat ! N’étant pas doué pour les raconter, et pour ne froisser personne, ni les Belges ni les blondes, je laisse Bigard en donner une gentille : pourquoi les Lada ont une vitre arrière dégivrante ? C’est pour pas avoir froid aux mains quand on les pousse le matin. »

Merci beaucoup pour votre gentillesse, votre sincérité et votre disponibilité.

(Photos Mikael DELAYEN)

Propos recueillis par Fred & Axelle GEORGES.

Pour se procurer le premier tome : BoD.fr

AMAZON

Pour se procurer le tome 2 : BoD.fr

Pour suivre l’actu de l’auteur : Janigo, héritier de la Cité Noire FB

Pour parler lecture avec nous : Groupe FB Au fil des mots

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