Entretien avec Denis LABBE

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Découvert avec Les marcheurs, Tome 1 la Génèse de Denis LABBE, nous avons eu envie de découvrir plus en profondeur cet auteur.

Souvent croisé en salon et ayant échangé plusieurs fois avec, Au fil des mots est allé à sa rencontre pour vous. Avec ces quelques questions, éclaircissons ensemble le mystère qu’est Denis Labbé, un homme décidément plein de fantaisies et de talents.

  • Qui êtes-vous ? Pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît en quelques lignes ? Quels sont vos héros, vos références ? Avez-vous une maxime de vie ?

« Je suis né cent ans après Alice et le même jour qu’Alice Liddell, autant dire que je suis né sous les auspices du merveilleux et de l’absurde. Mais dans la vie où il faut se nourrir, je suis professeur de lettres-modernes et universitaire.

Je ne pense pas avoir jamais eu de héros, mais certainement des références comme Alice et Peter Pan. Sinon, s’il faut évoquer les écrivains qui m’habitent, je citerais Murakami Haruki, Jack London, Montesquieu, Baudelaire, Paul Eluard, Lovecraft, Beaumarchais, Claude Seignolle, John Scalzi, JM Coetzee, Cormac McCarthy ou Jasper Fforde, parce que ce sont les noms qui me viennent à l’esprit au moment où j’écris ces lignes. Mais mon bureau ressemblant à une bibliothèque, il suffirait que je jette un œil sur les nombreuses étagères pour vous sortir un millier de noms.

Quant à ma maxime, je citerais volontiers Rabelais : FAIS CE QUE VOUDRAS… »

  • Que lisez-vous actuellement ? Auriez-vous des conseils lectures à nous donner ?

« Actuellement, je ne lis que des ouvrages en rapport avec les romans que j’écris, c’est-à-dire des ouvrages réalistes, naturalistes et fantastiques de la fin du 19ème siècle. Lorsque je suis en pleine création, je n’ai pas le temps de lire pour me détendre. Mais je conseillerais vivement la lecture de Kafka, sur le rivage de Murakami Haruki, Le Vieil Homme et la guerre de John Scalzi, La Route de Cormac McCarthy ou Terres du Nord de Monia Sommer, un roman qui mêle légendes finlandaises, quête initiatique et décor post-apocalyptique. »

  • Votre passion est l’écriture. Ce n’est pas votre métier premier. Comment en êtes-vous arrivé à conter des histoires ?

« J’ai commencé à écrire bien avant d’avoir un métier. Cette passion, cette nécessité, est née l’année de mes quatorze ans où j’ai commencé à composer des poèmes. Mes parents avaient décidé de déménager et de changer de région, passant de la Lorraine au Nord. Je crois que cette déchirure a donné naissance à ce besoin d’écrire. Je pense, néanmoins, que j’avais déjà ça dans le sang, car je racontais des histoires à mon petit frère bien avant ça. Par la suite, après avoir gagné quelques prix de poésie, je suis passé à la nouvelle, j’en ai publié plus d’une centaine, avant de me lancer dans le roman. »

  • En partie, vous êtes auteur de fantastique ou dystopie, sans vouloir être réductrice. Pourquoi ces thèmes ? Est-ce une façon de voir le monde ? De prévoir sa fin ? Ou simplement de vous faire plaisir ?

« Vaste question qui signifie presque : d’où vient votre inspiration ? Est-ce que je m’impose des thèmes ? La réponse est non. Est-ce que ces thèmes s’imposent à moi ? Oui. En fait, je pense avoir abordé de nombreux thèmes dans mes romans et mes nouvelles. Rebelle va publier le premier tome d’une trilogie de fantasy. Séma et le Chat Noir ont publié des romans abordant le thème de la sorcellerie, le premier destiné à la jeunesse et le second aux adultes. J’ai écrit un polar jeunesse et une série de fantasy culinaire destinée aux enfants.

J’aime m’interroger sur le devenir du monde, mais plus encore sur le devenir de l’individu, et non de l’humanité. Une dystopie pose des questions sur l’avenir d’une multitude, je préfère me pencher sur chacun, comme dans Les Errants ou Les Marcheurs où ce sont les personnages qui m’intéressent et non pas cette société qui se délite. »

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  • Je suis fan des « Marcheurs ». J’en ai fait des cauchemars durant plusieurs nuits donc bravo à vous, vous avez réussi votre roman. J’ai vu dans vos ouvrages qu’il y avait les « Errants ». Deux œuvres sur une même thématique. Pouvez- vous m’éclairer sur leurs différences ?

« Alors là, je vais me lancer dans une vaste explication. J’ai commencé à écrire Les Marcheurs après être tombé par hasard sur l’épisode 2 de la première saison de The Walking Dead. A la base, je déteste les zombies, ils me font peur, parce qu’ils nous ramènent à notre mortalité, et qu’ils transgressent les lois naturelles. Pourtant, cette série m’a donné l’idée de me pencher sur les individus face à un tel fléau. J’ai donc cherché à mettre en place une série différente, dont le point de départ est une expérience nazie qui refait surface par accident au camp de travail du Struthof dans les Vosges et qui vient frapper un groupe d’adolescents en voyage scolaire. Ce qui m’intéressait, c’était de montrer les réactions d’un professeur obligé de sauver ses élèves. Cette trilogie devait paraître chez un éditeur qui est parti avec la caisse, ce qui a gelé sa parution. A la première édition des Halliennales en 2012, j’ai croisé Cécile Guillot des éditions du Chat Noir qui cherchait des romans young adult pour une nouvelle collection. Je lui ai donc proposé d’adapter ma série, et j’ai créé Les Errants. Tout commence au même endroit, au même moment, mais met en scène un groupe d’adolescents qui va essayer de se sauver sans l’aide d’adultes. Les deux séries sont donc parallèles au départ, bifurquent au neuvième chapitre, et se rejoignent à la fin du tome 3 des Marcheurs. J’ai ensuite écrit Projet Cornélia (en deux tomes aux éditions Séma) qui conte les aventures de deux des personnages des Errants parce qu’ils ont disparu dans le tome 3. J’ai aussi écrit Errances (dont les deux tomes viennent de paraître en intégrale chez Psychotopia) et qui se déroule six mois plus tard et dans lequel on retrouve un, puis deux personnages issus des Errants. Mais tous les personnages rescapés de ces séries se retrouvent à la fin des Marcheurs et de Projet Cornélia. Un ultime roman devrait voir le jour et expliquer comment les Nazis ont créé ce virus et si l’épidémie est vaincue ou non. »

  • Vous écrivez également des récits « jeunesse ». J’ai eu la chance de lire en avant-première « Sortilèges », votre dernière pépite. Comment arrivez-vous à multiplier les genres avec autant de facilité et de talent ? Pourquoi cette diversité ?

« Je suis incapable de l’expliquer. Lorsque Cécile m’a proposé d’écrire un roman young adult, je lui ai répondu que je n’écrivais pas pour les gosses… En fait, j’ai dû changer d’avis, surtout que j’avais déjà fait paraître Le Pavillon maudit chez Syros. Écrire pour les enfants ne fait pas vraiment appel aux mêmes ressources que les romans adultes. Le style que j’utilise est très différent. Il faut être capable de les saisir rapidement au vol, de les intéresser tout de suite, là où les adultes peuvent attendre que l’atmosphère se mette en place. J’aime écrire pour les enfants, puisque j’ai aussi ma série Bérénice et Profitroll qui met en scène un petit Troll qui fait de la pâtisserie, et ma série policière « la team Vauban ». Cette écriture me rafraîchit, m’apaise. J’essaie surtout de ne pas prendre les enfants pour des imbéciles en leur apportant de vraies histoires avec des vrais personnages. »

  • Etre publié a-t-il été facile ? Vous êtes chez deux maisons d’éditions : Rebelle Editions et Séma Editions. Pourquoi ces différentes collaborations ? Est-ce par rapport au public visé ?

« J’ai publié mon premier poème à 19 ans en répondant à un concours international. Par la suite, mes poèmes sont parus en revues, puis en recueils. Ce fut aussi assez rapide pour mes nouvelles qui ont été retenues par des revues et des anthologies. Mais tout s’est accéléré en 2010, après la parution de mon premier recueil chez Argemmios. Depuis, j’ai publié quatre recueils de plus et plus d’une quinzaine de romans.

En fait, je suis chez plus d’éditeurs que cela, et j’ai été publié chez bien d’autres. La liste serait très longue. J’ai commencé aux éditions de l’Oxymore, mais j’ai aussi été publié chez Argemmios, Syros, Belin, Ellipse, Hachette, Lune écarlate, Lokomodo…, actuellement je le suis chez Séma, Rebelle, aux éditions du Chat Noir et chez Airvey éditions et Elenya.

J’écris beaucoup, et j’aime faire ce que je veux. Si un éditeur ne me plaît pas, je claque la porte. J’ai d’ailleurs volontairement omis certains noms. Plusieurs manuscrits sont en lecture chez d’autres éditeurs. Je ne veux pas de contrats d’exclusivité. J’ai d’ailleurs créé ma propre structure : Psychotopia éditions afin de publier des livres que je n’ai pas envie de donner à d’autres éditeurs. »

  • Quels sont vos projets à courts termes ?

« J’ai toujours de nombreux projets en cours. Pour l’instant, j’essaie de terminer un roman fantastique se déroulant en 1900 sur une île, et mêlant l’univers circassien à un mythe dont je ne préfère pas parler. C’est assez différent de ce que j’ai pu écrire jusqu’alors. Sinon, je prépare la sortie d’un roman vampirique se déroulant à travers les siècles et mettant en scène, Ludivine, un personnage d’ancienne vampire devenue chasseuse de vampires. Plusieurs nouvelles sont déjà parues, et j’en ai fait un roman. J’ai aussi un roman steampunk en écriture, une romance fantastique et même un roman historique sans aucune once de surnaturel. Je prépare un autre roman mettant en scène Lisa et ses amis, pour une suite de Sortilèges. Profitroll devrait également avoir une suite, ainsi qu’un spin-off avec des personnages que l’on trouve dans les tomes deux et trois, mais destiné aux plus petits. La fin de mon épidémie de zombies est aussi en cours, ainsi qu’un roman de pirates de l’espace. Je pense également écrire un roman historique de sorcellerie reprenant deux des personnages d’Omnia et se passant au 17ème siècle. »

  • Avez-vous un message à partager à vos lecteurs ou aux nôtres ?

« Lisez. C’est la plus belle liberté qui nous est offerte. Il existe tant de chefs-d’œuvres à découvrir, de petites pépites qui se cachent chez les libraires et chez les bouquinistes. Et surtout, n’écoutez pas ceux qui vous disent qu’il y a de la grande littérature et de la sous littérature. Certains romans populaires sont devenus des classiques, et certains classiques sont illisibles. Je peux vous le confirmer, parce que c’est justement ma formation. En tant que lecteur, faites ce que vous voulez et lisez qui vous voulez. »

Merci beaucoup de nous avoir accorder de votre temps si précieux. Nous continuerons à vous suivre. Encore merci.

Propos recueillis par Axelle GEORGES.

J’espère que vous avez pris autant de plaisir que nous à connaître un peu mieux Denis Labbé. Je ne peux que confirmer le conseil de cet auteur exceptionnel : lisez!!!

(Re)découvrez le dernier roman jeunesse de Denis Labbé :

Sortilèges de Denis LABBE
Pour suivre l’actualité de l’auteur :

Denis LABBE FB
Pour se procurer ses œuvres :

Amazon

Séma Editions

Rebelle editions

3 réflexions sur “Entretien avec Denis LABBE

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