Entretien avec Pascaline Nolot et Mina.M

Entretien avec Pascaline Nolot

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Bonjour Madame Pascaline Nolot,

Tout d’abord, merci pour votre participation.

  • Qui êtes-vous ? Pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît ?

Bonjour, merci à vous pour cette interview. Je m’appelle Pascaline Nolot. Je suis née à Orléans en 1983 (je vous laisse calculer mon âge…). Aujourd’hui, je vis à Lille avec mon mari, ma fille et ma colonie de livres.

  • Vous êtes l’auteur de « Les Larmes de L’araignée » et «Les orphelins du sommeil ». Pouvez-vous présenter en quelques mots ces œuvres ?

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Il s’agit de deux romans fantastiques jeunesse, parus respectivement en 2017 et début 2018, dans la collection Chatons Hantés des éditions du Chat Noir. Cette collection rassemble des histoires avec un léger côté gothique/horreur. Elles sont destinées aux lectrices et lecteurs à partir de 10/12 ans environ… et sans limite d’âge selon moi puisque la littérature jeunesse n’est pas interdite aux adultes J Pour donner en quelques mots les thèmes présents dans Les Larmes de l’Araignée, je dirais : araignées, amitié, mythologie, deuil. Et pour Les Orphelins du Sommeil : troubles du sommeil, amitié, monde onirique. Les deux romans abordent aussi le thème de la différence, des réactions (très souvent négatives) qu’elle provoque et de la façon dont elle peut constituer une véritable force. Pour en apprendre un peu plus, je crois qu’il y a justement deux chroniques sur ce blog…

  • D’où puisez-vous votre inspiration ?

Bonne question : j’aimerais bien savoir où la retrouver quand elle me fuit ! Plus sérieusement, j’ai envie de répondre « de partout et de nulle part à la fois » car j’ai l’impression que, dans la tête d’un auteur, n’importe quoi ou n’importe qui peut déclencher l’idée d’une histoire : cela peut venir d’un reportage qu’on a vu, d’une conversation qu’on a eue, d’un article qu’on a lu, d’une phrase ou d’une scène surprise dans la rue, de rencontres qu’on a faites, d’une atmosphère qu’on a ressentie, d’une musique qu’on a écoutée, d’une illustration qu’on a admirée, d’événements qu’on a vécus, etc. Bref, il me semble que les sources d’inspiration sont multiples.

  • Avez-vous écrit d’autres livres ? Si oui, pouvez-vous nous les présenter?

Je n’ai pas d’autre roman publié pour le moment. En revanche, j’ai écrit des nouvelles dans des genres différents : fantastique, science-fiction, steampunk, contemporain, etc. On peut les retrouver dans les anthologies suivantes : Bal Masqué, Le Cercle d’Hécate et Montres enchantées (aux éditions du Chat Noir), Animaux Fabuleux, Étranges Voyages, Le Monde de la Nuit et Histoires d’Amour (aux éditions Sombres Rets), Ex Machina (chez Elénya Éditions). J’ai également eu le plaisir de voir paraître un de mes textes dans le très bel Artbook raconté de l’illustratrice Fleurine Rétoré (mais il me semble que tous les exemplaires sont désormais écoulés).

  • Avez-vous toujours aimé écrire ? Comment vous êtes-vous lancé dans l’écriture de romans ?

Oui, depuis l’enfance, j’aime lire et j’aime écrire (dans mon cas, les deux sont indissociables). Je pense que mon envie d’écrire des histoires m’est venue de deux choses : d’abord, même si ça fait très cliché, de mon goût immodéré pour la lecture ; ensuite, de ma timidité ! En effet, avec l’écrit, j’ai découvert un moyen d’exprimer tout ce que je voulais comme je le souhaitais et de « sortir » toutes les émotions qui restaient bloquées en moi… Toutefois, je me suis lancée dans l’écriture de romans très progressivement. Enfant et adolescente, j’écrivais surtout des textes courts : nouvelles, contes, poèmes. J’avais très envie d’écrire aussi des romans, pourtant : j’en ai débuté plein mais, en général, je n’arrivais pas à dépasser les trois ou quatre premiers chapitres ! En fait, je n’avais pas assez confiance en moi. Et cette confiance suffisante pour me lancer dans la rédaction de romans (sans renier aucunement l’écriture de nouvelles, que j’apprécie énormément), je l’ai trouvée à l’âge adulte grâce à deux personnes : Élie Darco, qui a publié ma première nouvelle en 2012, et qui est devenue une très grande amie et m’a toujours « poussée », supportée (dans tous les sens du terme) et encouragée depuis ; Cécile Guillot, des éditions du Chat Noir, qui m’a encouragée également à me mettre au roman et qui m’a « poussée » aussi en me proposant subtilement des participations à des aventures littéraires tellement géniales qu’il était impossible de dire non ! À ces deux personnes formidables et très talentueuses (elles sont chacune éditrice, autrice et illustratrice à la fois), j’adresse un immense merci du fond du cœur parce que je sais ce que je leur dois…

  • Auteur est-il votre métier premier ?

En fait, j’ai mis mon métier premier (administratif et pas vraiment épanouissant) entre parenthèses pour me consacrer à l’écriture. Mais étant donné le contexte actuel, cela ne va hélas peut-être pas durer. En effet, le gouvernement veut imposer aux auteurs, dès l’année prochaine, des réformes qui ne sont pas du tout compatibles avec la réalité de leur métier et qui risquent de les précariser encore plus qu’ils ne le sont déjà pour la plupart. En résumé, c’est toute une profession qui se retrouve véritablement en danger de disparition. Plus d’auteurs, plus de livres… je vous laisse imaginer. Si vous souhaitez en apprendre plus et manifester votre soutien, je vous invite à suivre sur les réseaux sociaux les hashtags #AuteursEnColère et #PayeTonAuteur…Voilà, c’était ma minute politique du jour!

  • Comment avez-vous réussi à percer dans ce monde ? Comment s’est fait votre partenariat avec les éditions du chat noir et plus spécifiquement dans le registre « chatons Hantés » ?

« Percer » est peut-être un grand mot… En tout cas, comme dit précédemment, les choses se sont faites progressivement pour moi. D’abord, j’ai commencé à avoir des nouvelles sélectionnées et publiées dans des anthologies diverses. Puis, j’ai eu la chance de participer à l’ouvrage collectif Le Cercle d’Hécate (situé dans l’univers de la trilogie Fille d’Hécate de Cécile Guillot) avec une nouvelle relativement longue. Enfin, Cécile m’a parlé de la collection jeunesse que comptaient lancer les éditions du Chat Noir (Chatons Hantés, donc) et elle m’a proposé d’essayer de lui soumettre un roman, qu’elle et Mathieu Guibé ont finalement retenu. Après ça, j’ai écrit d’autres romans. Et notamment, j’ai eu envie d’en écrire un second pour la collection Chatons Hantés, retenu lui aussi. C’est une collection jeunesse qui me semble posséder une véritable identité, notamment grâce à son illustratrice, Mina M., qui est à la fois une artiste extrêmement talentueuse et une personne adorable. D’ailleurs, je vous propose de « l’inviter » tout de suite dans cet entretien ! Je la laisse (avec votre aimable autorisation) se présenter et présenter son travail.

Mina M. : Bonjour et merci de m’inviter à présenter mon travail.

Je suis illustratrice autodidacte depuis maintenant quelques années et comme Pascaline, c’est surtout grâce au duo Cécile Guillot et Mathieu Guibé, éditeurs du Chat Noir, que j’ai pu m’insérer dans le monde de l’édition.

J’ai d’abord travaillé sur des couvertures de roman pour divers éditeurs. Puis Cécile m’a proposé d’illustrer les premiers romans jeunesse de la collection Chatons Hantés, dont j’ai aussi dessiné les deux petits logos.

La diversité des projets que l’on me propose (tous éditeurs confondus) ainsi que des tranches d’âge concernées par ceux-ci, est vraiment très stimulante et me pousse à chercher de nouvelles manières de communiquer les émotions que je ressens, à la lecture des textes que je dois illustrer. J’ai la chance de pouvoir travailler avec des auteurs et autrices de talent, dont les récits me parlent et m’inspirent beaucoup.

Et justement, j’ai eu le bonheur d’illustrer les deux Chatons Hantés de Pascaline, qui est une autrice très talentueuse en plus d’être une personne très sympathique avec qui je partage pas mal d’idées et de points communs.

Pour parler technique, les couvertures de ces deux romans, Les Larmes de l’Araignée et Les Orphelins du Sommeil, sont des peintures numériques réalisées à l’aide d’une tablette graphique et du logiciel Photoshop. Le procédé est difficile à traduire en mots, mais il s’apparente à la peinture traditionnelle sous bien des aspects, les temps de séchage et le toucher des matières en moins. Il y a beaucoup d’avantages à travailler à la fois le numérique et les techniques plus traditionnelles, mais je ne vais pas développer ce sujet ici.

En ce qui concerne les illustrations en noir et blanc qui parsèment les histoires de Pascaline, ce sont cette fois-ci, des dessins au crayon sur papier dont les ombres sont travaillées à l’aquarelle. Je les ai ensuite scannées puis retravaillées sous Photoshop (passage en noir et blanc, suppression du grain papier en dehors des cadres ….).

Pour conclure cette petite présentation, je peux vous parler de mon artbook à venir, Petites Défaillances. Il sera disponible fin 2018, aux éditions du Chat Noir. Pour la première fois, certains de mes courts textes seront publiés et accompagnés de mes illustrations numériques sur 48 pages. C’est un projet très important pour moi, j’espère donc qu’il saura plaire à certains lecteurs férus d’illustrations. Ci-dessous, la couverture de l’artbook !

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  • Pascaline, avez-vous une maxime de vie ? Une ligne de conduite ?

Non, pas vraiment… Mais je vais tricher un peu : aujourd’hui, à mon poignet, je porte un bracelet avec l’inscription « Live – Love – Write » (Vis-Aime-Écris). Cela me paraît pas mal comme maxime de vie.

  • Quel est votre auteur(e) de prédilection ? Quel est votre livre de chevet ?

Comme je lis beaucoup et dans des genres très différents (en littératures jeunesse et adulte), il m’est impossible d’avoir un livre de prédilection, c’est trop dur de choisir ! En revanche, si je dois désigner un auteur préféré (même si j’en apprécie bien sûr un grand nombre), je désignerai une autrice : Charlotte Bousquet. J’adore ses univers et sa plume ciselée, sa sensibilité, ses intrigues fortes et engagées, etc. J’ai une profonde admiration pour sa prose et tous ses livres (ainsi que ses nouvelles). En plus, elle écrit beaucoup, dans des genres très divers et pour tous types de publics… Autant dire que c’est parfait pour moi !

  • Que lisez-vous actuellement ? Pouvez-vous peut-être nous conseiller quelques lectures ?

Je viens de terminer le tome 2 du diptyque Les Vigilantes écrit par Fabien Clavel (dystopie « young adult ») et Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez (thriller). Les deux m’ont beaucoup plu ! Des conseils de lecture ? Je crois que c’était LA question à ne pas me poser, désolée… Je vais essayer – je dis bien essayer – de ne pas en faire des tartines… Alors, en vrac, tous genres et publics confondus : Tant que nous sommes vivants d’Anne-Laure Bondoux, Inséparables d’Élie Darco, Les Collisions de Joanne Richoux, Detroit de Fabien Fernandez, Le Fer au Cœur de Johan Heliot, Terrienne de Jean-Claude Mourlevat, La peau d’un autre de Philippe Arnaud, Entre deux mondes d’Olivier Norek, Celle qui venait des Plaines et Shâra – Les Masques d’Azr’Khila de Charlotte Bousquet (évidemment – mais je recommande TOUS ses livres !). Je vais m’arrêter là mais il y en a déjà plein que je regrette de ne pas avoir cité, c’est horrible !

  • Quels sont vos projets aujourd’hui ?

J’ai deux romans à paraître en 2019 : un roman contemporain « young adult » et un roman de fantasy plus léger et humoristique, destiné plutôt aux 9/10 ans. Je ne peux pas en dire plus car je n’en ai pas encore le droit. Par ailleurs, je travaille (retravaille) actuellement sur un roman de fantasy « young adult » à l’atmosphère assez sombre. Ensuite… j’ai plusieurs idées en attente et mon problème est de choisir quel projet développer en premier !

  • Où vos fans peuvent-ils vous rencontrer en dédicace prochainement ?

Je pense que les lectrices et lecteurs pourront me rencontrer aux Halliennales (près de Lille) début octobre, néanmoins ce n’est pas encore fixé. Si jamais je n’y suis pas présente en tant qu’autrice, j’y serai de toute façon en tant que visiteuse (mais dans ce cas-là, je ne garantis pas que ce sera facile de me débusquer dans les allées du salon, étant plus timide ET plus petite que la moyenne). C’est tout pour 2018. Ayant une nouveauté à paraître en début d’année prochaine, je serai peut-être présente en 2019 à la Foire du Livre de Bruxelles ou/et à Livre Paris. Cependant, je n’en sais rien pour le moment, il est trop tôt pour que ce soit organisé (à surveiller sur les sites des salons, aux rubriques « auteurs présents »).

  • Avez-vous peut-être un message à partager à vos lecteurs ou aux nôtres ?

À toutes et à tous, j’ai envie de dire un grand merci de m’avoir lue (qu’il s’agisse de mes textes ou de cet entretien) ! Et à vous, Fred et Axelle, merci pour cette interview et merci beaucoup de contribuer à faire connaître nos livres.

Un grand merci à vous.
Nous vous souhaitons bonne continuation dans tous vos projets et n’hésiterons pas à suivre votre évolution.

Propos recueillis par Fred et Axelle.

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